10 jours de chantier solidaire
à Cravirola
Une arrivée groupée
Arrivés à la gare de Lézignan-Corbières nous repérons facilement nos futurs compagnons de chantiers : des jeunes dotés de gros sac à dos de voyage. A l'évocation du nom Cravirola un petit groupe de cinq personnes se forme et les discussions s'engagent et se poursuivent durant les 2 heures qui suivirent dans l'attente de nos chauffeurs pour rejoindre « le Maquis ».
Une soirée de présentation et de découverte
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De gauche à droite: Sylvain, Camille,
Paco (un permanent), Magalie et Etienne
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| Dirk (gauche) et zay (droite) | Roxane |
Zay arrive tout droit des Etats Unis. Il voyage de ferme en ferme à travers l'Europe pour découvrir l'agriculture et la culture des différents pays. Dirk est un artiste peintre allemand qui est venu se ressourcer et découvrir le nouveau lieu de la coopérative Cravirola car il les avait déjà rencontrés du temps où ils habitaient à La Brigue. Roxanne est belge et fier de l'être. Changeant régulièrement de boulot pour fuir l'ennui de la routine elle est venue passer quelques jours de vacances, entre deux jobs, dans le sud de la France à la recherche de dépaysement et d'aventure collective. Magalie, une bretonne qui s'est exilée à Nîmes pour le boulot et le soleil est aussi en rupture avec ses activités passées. Educatrice spécialisée auprès d'enfant en difficultés elle est saturée par le poids des institutions et de leur fonctionnement Sylvain voyage et travaille depuis quelques années de ferme en communauté entre la France et l'Espagne. Désireux de créer un collectif ou une communauté avec des amis il est venu découvrir Cravirola pour s'en inspirer et renforcer ses connaissances. Et puis nous deux mais la plus besoin de présentation
Ensuite chaque permanent présent ce soir là se présente et un rapide descriptif du lieu et des projets en cours nous est fait, présentation qui sera renforcée dés le lendemain matin par une visite guidée du domaine du Maquis.
Le repas se termine par notre première "réunion d'organisation" qui aura lieu chaque soir du chantier pour organiser les lendemains: on nous informe de ce qui est prévu pour le chantier du jour qui suit et on décide "qui fait quoi et quand" (préparation des repas, ménage, traite, fromagerie...).
Des chantiers sous le signe de la caillasse
Le four à pain
Depuis un an, la coopérative Cravirola fait son pain, pour l'autoconsommation mais aussi pour le vendre sur la marché. Le problème est que, n'ayant pas de four sur le lieu, ils sont obligés de le faire chez une amie à plus de 15 km. C'est pourquoi ils ont entreprit la construction de leur propre four sur le domaine du Maquis.
Partant de rien, c'est-à-dire du sol, nous avons maçonné (sable et chaux) les pierres récoltées de ci de là sur le terrain pour ériger la base du four. Après une semaine de "Tétris grandeur nature" la première étape est atteinte : le demi-cercle, de 4 mètres de diamètre et de 2 m de haut, trône à l'entrée des bâtiments et la chape destinée à accueillir la sole (plancher intérieur du four) est coulée. Pour le dôme, il n'y aura pas assez de temps. Un peu frustrés nous laissons cette deuxième étape à la prochaine équipe de bénévoles pour le chantier d'avril.
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| Le four à pain le deuxième jour du chantier (40 à 80 cm de haut) |
Le four à pain le quatrième jour de chantier (1,70 cm de haut) |
Du gradin au colisée
Pour accueillir leurs événements culturels (concerts, représentation de cirque, théâtre, conférences...), la coopérative Cravirola s'est équipée d'un chapiteau et a construit un gradin en bois. Ce dernier, pas assez réglementaire aux yeux de la commission de sécurité, doit être rempli pour sortir de l'appellation « gradin ». Cela permettra une moins grande exigence de mise aux normes tout en le solidifiant et l'embellissant. Sur les 10 jours de chantiers c'est près de 100 m3 de pierre qui ont été entassées et maçonnées afin de transformer ce gradin en véritable colisée.
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| Magalie comble les marches de pierres pendant que Roxane et Axel maçonnent | ||
Cueillette de pierre en tout genre
Bien sûre, pour avoir à disposition les dizaines de m3 nécessaires à ces deux chantiers, des demi-journées de « cueillette » ont été effectuées un peu partout sur le domaine. Parmi la récolte on trouve des spécimens allant du petit caillou (quelques centimetres pour quelques centaines de grammes) au rocher (plusieurs dizaines de centimètres pour plusieurs dizaines de kilos).
Participation à la vie de la ferme
Evidement, les chantiers n'étaient pas les seules activités journalières. Quotidiennement nous nous sommes relayés pour effectuer la traite des brebis, chèvres et vaches, ainsi que la transformation fromagère. La préparation des repas (entre 20 et 25 couverts) était aussi une activité à part entière. De plus en plus intéressés par la confection du pain, nous avons aussi participé à la journée boulangerie pour renforcer nos connaissances et notre pratique. Avec Paul, l'un des permanents, nous avons donc pétri, boulé, façonné, enfourné et défourné les 90 kilos de pain préparé chaque semaine. Avec maintenant quatre expériences différentes dans le domaine de la boulangerie, la fabrication du pain n'aura bientôt plus de secret pour nous.
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| Nous assistons à la mise bas d'une chèvre |
L'apprenti boulanger |
Du repos et des moments de détente
Le domaine de maquis étant un lieu magnifique, nous avons profité des pauses journalières pour visiter le site (270ha), ses ruines, ses dolmens (plus grand site du Languedoc Roussillon) et ses grottes creusées par l'eau dans la roche calcaire. Les rebords de falaises surplombant les paysages grandioses ont été des endroits propices aux siestes et aux ballades digestives. Une fois les journées terminées, nous nous retrouvions tous autour du feu dans la grande pièce commune pour discuter, échanger et partager dans une ambiance apéritive. Les discussions se poursuivaient ensuite lors des repas collectifs.
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| Petite sieste en admirant le panorama | Un petit tour dans une des grottes | Le repas collectif du soir |
Un soir, nous avons pu nous initier à la percussion brésilienne avec la Batucada (groupe de musiciens traditionnels) d'Olonzac. Nico, l'un des compagnons temporaires de Cravirola s'adonne chaque mercredi à cet atelier musical dans la commune voisine. Nous avons pu nous défouler pendant près de deux heures à coup d'agogo et de tanborim.
Pour la deuxième année consécutive, la coopérative Cravirola organise, à raison de deux à trois fois par an, des week-ends « utopratique », autrement dit d'introduction à la pratique d'un projet collectif et autogéré. L'objectif de ces week-ends est, pour Cravirola, de partager ses compétences en matière de projet collectif et de faire profiter les personnes intéressées de leurs recherches et des connaissances qu'ils ont acquises grâce aux années de pratiques. Le fait que ce premier week-end de l'année se déroule lors du chantier de Mars a été pour nous une grande satisfaction car nous étions très intéressés pour y participer afin de rencontrer d'autres porteurs de projet et surtout de rentrer dans les détails du montage d'un projet collectif centré sur l'agriculture paysanne. En plus des bénévoles présents lors du chantier, 7 autres personnes ont participé à ce week-end d'échanges et de transmission d'expérience. Certaines d'entre elles cherchaient simplement à se renseigner, d'autres, plus avancées étaient en quête de d'informations sur les structurations juridiques possibles et autres formalités administratives tandis qu'un couple de paysans du Vercors installé depuis plus de trente ans était venu pour faire le point quant aux possibilités et démarches à entamer pour transformer leur exploitation familiale en support de projet collectif. Les informations échangées et les débats encourus furent pleins d'enseignements mais aussi source d'inspiration pour chacun.
Une fin de chantier sur un air nostalgique
Après dix jours de vie en collectivité avec nos compagnons de chantier et avec les permanents du lieu, la séparation qui s'approchait s'annonçait assez difficile. Les bons moments partagés, les idées et débats échangés nous avaient tous rapprochés. Après échanges de mails et de téléphones, tout le monde est rentré chez soi, sauf Roxanne qui a décidé de prolonger son séjour (pour éventuellement effectuer un compagnonnage de quelques mois), et nous qui nous dirigions vers notre cinquième étape : Baluet.
EN COURS
FINI
ECHEC




















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