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puisque d'autres modes de vie sont possibles...

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Eourres et l'association Lien, Enseignement,

Sens et Autonomie

 

Eourres est un petit village provençal au sein duquel l'écologie et le développement personnel sont des valeurs fondammentales. La mairesse et les habitants travaillent ensemble pour que la vie dans cette commune soit épanouissante et la plus respectueuse de l'environnement possible. Les initiatives en cohérence avec les valeurs de bases sont les bienvenues. Dans ce contexte particulier est née une association visant à partager les savoirs et savoir-faire liés au sens et à l'autonomie. Celle ci propose notamment un lieu d'apprentissage de l'autonomie.

 

Eourres, petite commune propice à l'expérimentation d'un autre monde

En plein cœur des hautes Alpes, dans la Drôme provençale, la petite commune d'Eourres exalte, au milieu d'un paysage naturel magnifique, ses façades en pierre et sa petite église style mauresque.

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Petite vue sur Eourres Eglise d'Eourres Vue d'Eourres La rue principale d'Eourres

Le caractère à la fois paisible et  vivant de ce petit village cache une longue histoire.

Au début du 19ème siècle, Eourres comptait environs 600 habitants et abritait des productions agricoles riches et variées : céréales, lavande, brebis...Cependant, comme beaucoup d'autres communes de France éloignées des villes et des réseaux routiers, ce hameau a été victime de l'exode rural qui a accompagné la révolution industrielle. Dès les années soixante dix il ne comptait plus qu'une poignée d'habitants.

Mais, l'arrivée de la communauté « Terre Nouvelle » d'orientation New Age et de familles tournées vers la culture Biologique a évité à ce village d'être définitivement rayé de la carte. Avec les habitants restants, ces nouveaux venus se sont mobilisés pour redynamiser la  petite commune et reconstruire les anciennes bâtisses abandonnées. Ils sont progressivement parvenus à offrir une seconde vie à Eourres, et ce grâce une démarche d'autonomisation. En effet, la vie dans ce hameau, difficilement accessible et à 3/4h de la moindre petite ville, n'était envisageable de façon durable, que si la dépendance aux services urbains étaient moindre.  Aussi, de nombreux services ont été crées sur place : école primaire, un point de vente, un café associatif, salle multimédia....

Aujourd'hui Eourres compte une centaine d'habitants parmi lesquels on trouve des paysans (Chevriers, bergers, maraîchers), des artistes, des artisans (vannier)....Pour tous, le choix d'habiter ce village a été guidé par une volonté de se rapprocher de la nature. L'écologie est au cœur des préoccupations des Eourriens. Ces derniers portent également une attention particulière au développement personnel. L'organisation du village et la vie au sein de celui-ci reflètent ces orientations.

Les affaires du village se gèrent en « démocratie participative » lors de conseils réguliers. L'école primaire du village dispense une éducation basée sur la pédagogie Steiner. L'unique point de vente du village est une biocoop (magasin de produits biologiques). La salle multimédia est équipée en logiciel libre. Sur le panneau d'affichage de la place centrale du village, les habitants inscrivent leurs annonces de troc (par exemple  couture contre jardinage), de covoiturage, ou encore d'ateliers qu'ils proposent aux  autres résidents (yoga, chant...). En dessous de ce tableau on trouve une grande boite en carton  remplie d'un tas d'affaires en tout genre. Il s'agit des choses dont on n'a plus l'utilité (vêtements, livres...) mais qui peuvent faire le bonheur des voisins.

 

Au sein de ce village l'association Lien, Enseignement, Sens et Autonomie et sa formation :

Profitant du contexte porteur qu'est le village atypique d'Eourres, des habitants ont crée en le 29 Janvier 2007 l'association Lien Enseignement Sens et Autonomie.Cette association a pour objectif de partager avec les adhérents des savoirs et des savoirs-faire favorisant les liens, le sens et l'autonomie. Pour cela elle concentre son action autour de trois grands volets : un Jardin potager partagé, un café associatif et une formation à l'autonomie.

Nous nous attarderons particulièrement sur le dernier volet puisqu'il est celui que j'ai le plus approfondi.

A  la base de cette formation, un couple d'enseignants belges :

L'idée a émanée d'un couple belge : Michel et Emmanuelle Philippo  ayant enménagé sur le village en 2006. La transmission et l'éducation étaient pour eux, depuis longtemps déjà, deux aspects fondamentaux qu'ils avaient su mettre en pratique. En effet, avant leur migration dans le sud de la France, ils étaient respectivement professeur de philosophie et sciences des Religion, et professeur de langues (français, latin), histoire et sciences humaines en lycée pendant une dizaine d'année.  Ces années furent très riches d'enseignement pour chacun d'eux. Leurs cours, qu'ils voulaient participatifs, résidaient bien souvent en réflexion sur des grandes questions de sens (amenées par les élèves), sur les thèmes d'actualité, sur la philosophie....Les questions des élèves ont, tout au long de cette période, fortement enrichit leur propre réflexion mais les ont également fait réaliser les limites du système éducatif classique.
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Ils ont pu observer que ce dernier se concentrait sur l'apport de connaissances factuelles et techniques  mais n'intégrait aucunement  les questions éthiques, les enjeux environnementaux et l'aspect relationnel, pourtant très importants.  Les formations professionnelles  au sein desquelles  a enseigné Emmanuelle se sont quant à elles révélées très orientées car réfléchies à partir du système macroéconomique. Aussi en formation de maçonnerie les élèves entendent uniquement parler de ciment (et absolument pas de chaux ou autres matériaux alternatifs), les étudiants en agriculture apprennent à mettre des pesticides (j'en sais quelque chose), et les apprentis garagistes n'entendent mot des moteurs alternatifs...
Michel et Emmanuelle Philippo
et une de leurs deux filles

Parallèlement à leur vie professionnelle, et en cohérence avec l'avancée de leurs réflexions, Michel et Emmanuelle se sont lancés activement contre l'utilisation de déchets toxiques et de métaux lourds comme combustible dans les cimenteries. Ils habitaient alors à 1,5Km d'une grosse cimenterie qui exerçait de telles pratiques (voir article ciment toxique). Le lien entre ces pratiques et l'augmentation pharamineuse de cancers d'enfants dans cette zone paraissait déjà évident.

Ne souhaitant pas compromettre leur santé et celle de leurs enfants à cause de la non évolution des pratiques de la cimenterie, désirant vivre en accord avec leur principes et, rêvant d'expérimenter une nouvelle forme d'enseignement palliant aux faiblesses vues plus haut, les deux professeurs migrèrent à Eourres, lieu préservé et propice à l'expérimentation.

Un peu plus d'un an plus tard ils accueillaient leurs premiers « élèves »

La formation :

Il s'agit d'une "formation" participative au sens et à l'autonomie de 3,6 ou 9 mois, pour de jeunes adultes de préférence entre 18 et 30 ans, n'ayant pas d'idée sur ce qu'ils ont envie d'entreprendre, étant en rupture avec leur formation ou le travail qu'ils avaient commencé ou tout simplement souhaitant prendre du temps pour réfléchir aux discordances de notre société, et au sens qu'ils ont envie de donner à leur vie.

L'objet principal de cette formation est de contribuer à un changement profond des comportements et des manières de faire induits par notre modèle socio-économique  vers un plus grand respect de l'environnement (dans un sens plus respectueux de l'environnement).

Concrètement la formation se décompose en quatre grands volets

L'autonomie intellectuelle :
Ce ne sont pas les «prêt-à-penser» intellectuels qui manquent dans notre société, et les diverses communications médiatiques séduisent souvent plus qu'elles n'informent. Les initiateurs de la formation souhaitent que celle ci soit un lieu d'apprentissage à l'autonomie intellectuelle. Il est  pour eux primordial que chacun puisse devenir capable de réfléchir par lui-même et de fonder son raisonnement. Aussi le travail de développement de l'esprit critique constitue une des missions principales de la formation. Sept à huit heures par semaine y sont consacrées sous forme de lectures collectives, de projections de documentaires suivies de débats, de café politiques et philosophiques.... Ces temps de travail sont ouverts à tous les gens du village. Les thèmes abordés touchent principalement les dimensions philosophiques, écologiques et politiques de notre société dans une perspective « qu'un autre monde est possible » (a titre d'exemple : Les OGM, la biométrie, les différents courants alternatifs et leurs origines, l'énergie, le progrès...).

L'autonomie Pratique :
Pour contraster avec la perte de sens généralisée perceptible dans le système éducatif actuel, les « maîtres » de la formation ne résument pas la réussite à une capacité à intégrer le monde industriel des multinationales mais souhaitent plutôt revenir à l'autonomie de l'individu. Celle-ci tend à devenir existentielle dans le contexte actuel de crise énergétique et économique.
Une dizaine d'heures par semaine sont donc consacrées à une "formation" participative à l'autonomie vis-à-vis des besoins les plus fondamentaux comme se nourrir et se protéger des intempéries (qui comprend se loger et se vêtir) et vis-à-vis d'autres nécessités comme se déplacer, se soigner, ... Tout cela dans un contexte d'isolement en montagne et de préservation de l'environnement. Il s'agit d'utiliser en priorité les ressources locales.
Ainsi de nombreux ateliers sont organisés en fonction des besoins réels : construction écologique sans ciment (habitat nomade, travail de la chaux et tadelakt, toits en chaume, maison en paille/terre), jardinage biologique à partir de variétés anciennes, reconnaissance et utilisation de plantes sauvages,  mécanique alternative (moteur à eau, à huile), «habillement» (tissage, feutrage, couture, tricot...), énergies renouvelables, l'informatique (logiciels libres)...  Pour ces ateliers, des artisans et agriculteurs locaux sont mis à contribution. Comme l'autonomie c'est aussi être acteur de sa formation, l'ensemble des ateliers sont décidés collectivement.

Alors que les élèves de la première session de formation ont,entre autre, participé à la construction de la maison principale et au lancement du potager, ceux de la deuxième session s'attachaient lors de mon passage à la construction des bungalows,qui serviront de logement aux futurs élèves et à la construction d'un four à pain communale.

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Pièce principale de la maison autoconstruite par les élèves de la première session
Finition de la salle de bain
Potager réalisé par les élèves de la première session

Projets semi-collectifs liés à l'association ou au village:
Cinq à quinze heures par semaine sont prévues pour des projets en petits groupes de deux types.
1. Les premiers sont en lien avec l'activité de l'association Lien, Enseignement, Sens et Autonomie. Il s'agit de participer à la vie de l'association. Ainsi à titre d'exemple un projet semi collectif en cours consiste à travailler à la constitution d'une bibliothèque  qui proposerait un maximum de documents sur l'autonomie pratique à consulter sur place ou à emprunter par les adhérents de l'association. Les jeunes s'attachent donc à répertorier les documents écrits et documentaires que possèdent les habitants du village pour essayer de mutualiser les sources intéressantes. De même les « élèves » travaillent à la communication avec le monde extérieur.  Ainsi, les jeunes de la première session ont-ils régulièrement écrit des articles sur ce qu'ils ont réalisé, appris, ... dans un journal qu'ils ont baptisé "La bique déchaînée" et dont le premier numéro a été publié à la fin de leur formation. Ils ont également participé à  la réalisation de deux  émissions de radio libre locale (radio "Zinzine") pour présenter la formation et pour présenter un sujet de leur choix.

2.  Les autres projets sont en lien avec la vie du petit village particulier d'Eourres. Il peut s'agir d'organiser ou d'animer des activités qui font vivre le village comme le cinéma, la bibliothèque, des soirées à thèmes (musicales, ludiques, ...), de s'engager dans une commission du village (dans les domaines déjà établis de: l'environnement, l'énergie, le social, l'éducation, la culture, ...), de participer à la démocratie participative en assistant activement aux réunions du village mensuelles, d'aider à l'entretien et au décor du village, ...

Projet personnel:
Parallèlement aux diverses activités décidées collectivement, dix heures par semaines sont réservées pour que, chaque « élève »,  individuellement,  puisse approfondir les aspects ou activités qu'il souhaite, et prenne, si il le désire,  le temps de réfléchir et bâtir son propre projet. Ils peuvent pour cela solliciter les  nombreux artisans et paysans d'Eourres et des environs.
Ainsi par exemple Claire, « élève » de la première session de formation a décidé d'accompagner les chevriers du village pendant les « temps personnels ». Elle a d'ailleurs été salariée chez ces mêmes chevriers après la formation.

Au-delà des activités à proprement dit, qu'elles soient collectives ou individuelles, il y a bien sûre l'apprentissage de la vie en collectivité. Et oui car tous les jeunes adultes en formation partagent une maison qu'ils gèrent ensemble.

Question finance ?

A l'heure actuelle, la "formation" est gratuite. Seul le logement est encore payant. Cependant une réflexion est en cours sur les échanges économiques en lien avec l'autonomie. Il est prévu d'ici quelques années la mise en service d'une monnaie locale fondante (qui perd de sa valeur en absence d'échanges), inspirée d'expériences en Autriche.


Mon séjour lors de la semaine porte ouverte:

Par chance la date de mon passage à Eourres correspondait exactement à la première édition de  semaine porte ouverte. Pendant 5 jours, un grands nombre d'ateliers étaient proposés aux visiteurs. C'était en quelque sorte un condensé de formation.

Au programme cette fois ci : construction d'un four à pain en terre/paille, vannerie, tadelakt (enduit de finition étanche pour les pièces d'eau en chaux et poudre de marbre), découverte des plantes sauvages et de leurs utilités, fabrication de cuiseurs solaires, tricot au doigt, lecture collective, projection débat....Des ateliers non prévus à la base se sont greffés au programme en fonction des savoir faire des visiteurs (moteur pantone, machine à pédalaver...).

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L'atelier vannerie
Et le résultat...
(si si c'est mon premier pannier!)
Atelier fabrication de cuiseurs solaires

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L'atelier four à pain terre/paille.......Désolée,  vous ne pourrez voir le résultat.

 

 

 

 

 

 

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Commentaires

avatar MAMIER Pierre
0
 
 
Enthousiaste, euphorique...je ne vais pas chercher mes mots bien loin, ceux qui ont déjà expérimenté le projet et les lieux ayant intelligemment bien perçu l'ampleur et l'importance de ce qui se prépare là-bas.
Je suis retraité de l'Education Nationale mais tout à fait sur la même longueur d'ondes que mes valeureux collègues qui se sont lancés dans cette entreprise. Larzac 74, communauté de l'Arche, militant pour René Dumont, lecteur de Krishnamurti- proche à mon avis des orientations du projet- très intéressé par le projet de "la Ferme des Enfants" en Ardèche etc...j'aimerais passionnément voir, pariciper, travailler...et finir ma vie enfin satisfait d'avoir été un peu utile!!!Comment aller plus loin avec vous? Vous contacter? Vous soutenir? Plonger dans votre concret? Je viens de vous connaître grâce à un article de Thierry sur le Forum citoyen de Frontignan. Je ne vais pas dormir cette nuit. Enfin, de tels pionniers pour un autre monde existent. Je veux au moins vous connaître. A bientôt ?
Lundi 19 Octobre 2009, 21:14
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avatar Meilland
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Salut c jarno, en tant qu'habitant du village je pense pouvoir vous donner un bon conseil d'ami : éviter tout lien avec Mme la maire Caroline yaffee et la secte terre nouvelle : vous risquerez de le regretter !

Mardi 25 Mai 2010, 15:26
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bonjour,

comme je suis à la recherche de trouver un p...


julien gardiol :
où peut on vous contacter, vous rencontrer ?
votre expérience ...


Meilland :
Salut c jarno, en tant qu'habitant du village je pense pouvoir vous do...

Galloo Bruno :
vous en revez, je vous attend avec impatience sur la ferme herisson et...

canale etienne :
Terres communes peuvent elles actuellemnt être rejoint par un éco-li...

Karine Halpern :
Merci de me tenir au courant de vos démarches, je suis intéressée p...

Françoise K :
bonsoir,
on a du se croiser au festival de permaculture en aout,...


RENAUD CHIVOT :
Etant actuellement à la Bergerie de Berdine, et ayant attendu parlé ...

Romain :
Merci beaucoup, grâce a votre site, je part demain matin faire un cha...

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Cédric Blottiaux :
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Em' :
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J'ai 52 ans, veuf, père d'une fille 18 ans. Je suis Jardinier Paysagi...

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