Où-Vert-Tour

puisque d'autres modes de vie sont possibles...

  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille

La Coopérative Cravirola

 

« Le maquis », lieu de vie de la coopérative Cravirola, est un domaine de 270 hectares situés sur un plateau du minervois entre Béziers et Carcassonne. Cette coopérative regroupe une dizaine de personnes partageant valeurs et aspirations travail et revenus pour expérimenter de façon collective et autogestionnaire une alternative au système établi. Les activités développées sont centrées sur la production laitière, sa transformation et sa commercialisation mais elles sont renforcées et dynamisées par la mise en place d'un accueil militant et d'initiatives culturelles.

facade_jpg rsolution de lcran img_1298 rsolution de lcran

La naissance du collectif

Il y a 25 ans, un couple de jeunes berlinois décide de s'installer dans une vieille ferme des alpes maritimes : la ferme Cravirola. Ce lieu magnifique à fort potentiel présente alors des conditions de vie assez rude (Isolement, altitude, peu d'espace de vie, pas de sanitaires...). En accord avec leurs convictions et l'idée qu'ils se font de la vie à la campagne, les deux jeunes néo ruraux ont en tête de mettre en place une activité paysanne. C'est un concours de circonstances plutôt amusant  qui les mène un peu plus vite que prévu à s'orienter vers l'élevage de brebis et de chèvre : « Un couple d'amis partant en voyage pour quelques semaines nous confia son troupeau. Ils ne sont jamais revenus !! On avait un troupeau il fallait bien en faire quelque chose !! », Axel. C'est ainsi que dans des conditions rudimentaires,  les premiers fromages de chèvre et brebis  de Cravirola voient le jour.

Très vite ce couple cherche à intégrer d'autres personnes à leur projet pour le pérenniser mais surtout pour partager une expérience collective. Au cours des 10 premières années, de nombreuses personnes séjournent parmi eux, pour un mois, parfois plus, mais personne ne décide de s'y poser de façon permanente. Petit à petit le lieu est réhabilité et la production fromagère assure une base économique de plus en plus solide. Les conditions de vie étant meilleures une première personne décide d'intégrer pleinement le projet. Assez vite d'autre se joignent au trio pour atteindre en 2002, un groupe de 9 individus d'âges et d'horizons divers (22 à 55 ans). Un collectif est enfin crée réunissant des « paysans bâtisseurs », « écolos idéalistes et pragmatiques », « utopistes incorrigibles », « militants déterminés », comme ils se définissent eux même. Fuyant le système hiérarchique et inégalitaire de la société, ils adoptent un fonctionnement autogestionnaire favorisant l'harmonie du groupe. La confiance en l'autre et la responsabilité individuelle deviennent les clés de voutes de la politique locale.

Mais dès 2004, le collectif commence à se sentir à l'étroit au fond de cette vallée pré alpine et freiné dans ses ambition. Sur les terrasses d'une montagne peu peuplée et difficile d'accès, les possibilités agricoles, sociales et culturelles atteignent leurs limites. D'autre part, l'objectif de développer un collectif au sein duquel les membres soient également responsables et impliqués est difficile à atteindre dans le contexte tout particulier de cette ferme, « petit bébé » d'un couple qui a travaillé d'arrache pied  pendant plus de 15 ans pour la rendre viable. C'est pourquoi en 2005 le collectif décide de chercher un autre lieu laissant place à plus d'opportunités et offrant un nouveau départ sur un pied d'égalité.


Un nouveau départ dans l'Hérault

Après plusieurs mois de prospection, les membres du collectif découvrent le lieu de leurs rêves : le domaine de « bois bas » dans l'Hérault.  Accessible par le réseau routier, proche de grandes agglomérations, offrant une grande capacité d'accueil, doté d'une grande surface agricole entièrement certifiée en Agriculture Biologique et propice à une grande diversité d'activités agricoles, ce domaine présente tous les avantages recherchés.

img_1244 rsolution de lcran img_1245 rsolution de lcran

Le prix élevé du domaine, le refus de voir la ferme des Alpes Maritimes devenir une résidence secondaire pour riches vacanciers et leur souci de défendre de l'agriculture paysanne, les ont poussé dans une grande réflexion qui à aboutit à la création d'une forme inédite de propriété collective : la SAS Terres Commune regroupant 3 fermes : la ferme CRAVIROLA dans les Alpes Maritimes, Bois Bas, et une ferme en Ardèche. Cet outil, utilisé pour l'une des premières fois en France, a permis, grâce au recours à de nombreux sympathisants, d'acquérir le domaine de Bois Bas mais aussi de retirer à jamais de la spéculation les 3 fermes tout en permettant à des collectifs d'y vivre en développant leur activité paysanne.

Prés de deux ans ont été nécessaire pour structurer juridiquement cette SAS et récolter les fonds nécessaires à l'achat du domaine. Le Détail de ce montage juridique, particulièrement compliqué, est décrit dans le reportage sur la SAS Terres Communes.

vache aubrac rsolution de lcran

Le collectif, qui a alors pris le nom de « coopérative CRAVIROLA » s'installe finalement à Bois Bas en 2007. Aussitôt le site est rebaptisé « le Maquis », pour mieux refléter l'esprit alternatif et militant du projet. Bien qu'étant de suite accueillant, l'outil de production en place réside alors en un troupeau de vaches Aubrac (vache à viande) devenu sauvage faute d'entretien de la part de l'ancien propriétaire, et d'un laboratoire de transformation rudimentaire. Beaucoup d'aménagements restent à faire pour développer une production laitière et fromagère viable et aux normes.

Seulement le temps presse...L'engagement financier, au sein de Terre Communes, de personnes soutenant le projet, et les emprunts escomptés exigent une rentrée d'argent rapide. Les deux premières années sont donc  très chargées en travail mais le résultat en vaut la peine.

 

Un projet pérennisé grâce à une production agricole viable

Le coup de collier donné durant la transition entre les deux fermes à permis de ne jamais cesser la production fromagère. Pendant trois mois, une partie du collectif est resté dans les Alpes Maritimes pour continuer la production tandis que l'autre partie s'est attachée à construire, sur le domaine de Bois Bas, une bergerie, un atelier de traite et une fromagerie. Une fois le troupeau mis en place la transition s'est faite rapidement. Ils ont ainsi pu garder leur clientèle des marchés de la cote d'azur (grâce notamment à un ami qui se charge de la commercialisation tout au long de la semaine) tout en s'installant sur les marchés locaux de l'Hérault.

img_1259 rsolution de lcran img_1365 rsolution de lcran
img_1365 rsolution de lcran img_1369 rsolution de lcran

Aujourd'hui le troupeau comprend une quarantaine de brebis, 80 chèvres et 7 vaches laitières. Pour gérer la production et la transformation des 150 litres de lait journaliers, le collectif s'est réparti en deux équipes. L'équipe Bergerie (4 permanents) s'occupe du troupeau, de la traite, de l'entretien des clôtures... L'équipe fromagerie (3 permanents) se charge de la transformation du lait en petits lactiques, tomes, camemberts, fromage blanc, yaourts...

La valorisation en vente directe de l'ensemble de ces fromages, assure au collectif des recettes suffisantes pour vivre en ne subissant plus de pression vis-à-vis de leurs obligations financières. Ce dernier peut donc actuellement revenir sur certaines concessions qui ont été faites pendant la phase de lancement de l'activité et porte une attention particulière à l'amélioration du système de production pour tendre vers un système autonome et le plus respectueux de l'environnement possible. Une gestion sylvo-pastorale du domaine est notamment mise en place afin d'augmenter les surface de pâturage pour diminuer les apports de foins non issus de l'exploitation.

dscn2266_jpg rsolution de lcran

A côté cette activité principale : l'élevage laitier avec transformation fromagère, le collectif développe d'autres productions. Une activité de transformation de viande bovine a été mise en place pour contrôler et réduire le troupeau d'Aubrac sauvages. Les produits de cette activité sont écoulés en vente directe soit en caissettes soit en plats préparés dans les festivals, les foires biologiques.... De plus, une production potagère assure partiellement les besoins alimentaire du collectif et ceux liés à l'accueil militant. Pour finir, deux nouvelles personnes sont arrivées au sein du collectif avec pour l'une l'envie de lancer une activité de paysan boulanger, et pour l'autre une activité apicole. Ces deux nouvelles activités seront prochainement opérationnelles (nous avons participé à la construction du four à pain) et viendront enrichir les stands des marchés et le magasin présent sur l'exploitation.

img_1276 rsolution de lcran img_1315 rsolution de lcran
Petit à petit le four à pain se construit

Un accueil militant pour partager des valeurs et se renforcer

Parallèlement aux activités agricoles et pour atteindre leurs objectifs  au niveau social et culturel, plusieurs formes d'accueil militant sont mis en place.

En saison, un camping participatif est ouvert sur « une aire de fête », clairière et sous bois aménagés ou l'on trouve un snack fermier (avec les produits de la ferme et les produits locaux), un chapiteau, une rivière, des terrains de pétanque, de volley ou encore un atelier bricolage, la bibliotroc, des sanitaires écologiques... C'est un lieu de rencontres, de convivialité de créativité autour de spectacles, ateliers, forums, expositions et tout ce que chacun voudra bien y apporter et inventer. Il offre ainsi une occasion d'être acteur de ses vacances, de participer et d'être à l'initiative de projets ou d'ateliers dans les domaines environnementaux, artistiques et culturels. La participation aux taches d'entretien des lieux est aussi une occasion d'expérimenter des pratiques autogestionnaire au sein du camping. Enfin, il est possible de soutenir le projet en participant aux activités de la ferme tant en gestion du troupeau qu'en transformation fromagère. Chaque année c'est presque 200 campeurs participatifs et solidaires qui séjournent sur le lieu.

douche solaire_jpg rsolution de lcrantoilettes seches_jpg rsolution de lcran nadiachante rsolution de lcran
Toilettes et douches écologiques Détente au camping

Toute l'année, des chantiers solidaires sont effectués. Durant les deux dernières semaines de chaque mois, novices et professionnels, permanents et bénévoles, coopèrent à divers projet d'aménagement et de construction écologique. En partageant la vie du collectif au jour le jour c'est un moyen agréable de découvrir le projet tout en apportant sa pierre à l'édifice.

Pour s'initier à l'agriculture paysanne et expérimenter un mode de vie autogestionnaire, un « compagnonnage alternatif » est proposé afin de s'immerger pendant trois à six mois au sein du projet et du collectif. Le compagnon intègre alors pleinement une des deux équipes liées à la production agricole et participe à la vie quotidienne des permanents.

Au niveau culturel, durant la saison de camping, un panel d'évènements est organisés avec au programme des concerts, du théâtre, du cirque, des projections, des conférences... tournant autour d de l'engagement social et écologique. De plus, une résidence d'artistes est ouverte toute l'année pour ceux qui cherchent un lieu de créativité, curieux de découvrir le Maquis.


Cravirola, une ruche génératrice d'alternatives

Après deux semaines à découvrir le lieu, ses habitants, le projet et ses mouvances, Cravirola nous est apparu  comme une ruche bouillante d'alternatives.

Grâce à sa structure (SAS Terres Communes) et son fonctionnement (collectif autogestionnaire) hors du commun, elle met un point d'honneur à vivre dans le concret ce que beaucoup qualifierait d'utopique. (pour mieux percevoir l'alternative proposée par ce collectif  voir l'article « des alternatives à la société capitaliste). On y retrouve ainsi des individus épanouis cherchant à vivre selon leurs principes tout en les transmettant à qui veut bien les expérimenter. Bénévoles, compagnons, artistes ou vacanciers, chacun y trouve sa place et son rythme pour s'initier à un mode de vie alternatif à celui imposé par notre chère société individualiste et capitaliste.

Le secret d'une telle réussite tient dans la mise en place d'une activité centrale (lait et fromage) qui, en plus d'une base économique fertile et propice à d'autres activités, permet une forte cohésion du groupe dans l'engagement et les valeurs du projet. Bien sur tout n'est pas rose, des tensions peuvent se créer, des difficultés financières survenir, des divergences de point de vue... mais c'est dans ces moments difficiles (mais aussi dans les moments de légèreté) qu'un collectif et son projet se renforce et se développe pour toujours s'améliorer.

Commentaires

avatar Romain
0
 
 
Merci beaucoup, grâce a votre site, je part demain matin faire un chantier solidaire chez eux, une très bonne expérience en perspective !
Dimanche 21 Mars 2010, 19:35
Poster une réponse
Nom *
Email pour contrôle & Réponse)
Adresse URL
Code   
ChronoComments by Joomla Professional Solutions
Soumettre le Commentaire
Annuler
Nom *
Email pour contrôle & Réponse
Adresse URL
Code   
ChronoComments by Joomla Professional Solutions
ENVOYER
EN COURS
FINI
ECHEC
Mise à jour le Mercredi, 22 Avril 2009 14:14  
mod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_counter
Actuellement en ligne 5

Vos commentaires

Vos commentaires
Petra :
One more useful video on the topic - http://www.tubehome.com/watch/hab...

tadd :
http://yahoo.com...

casino en ligne :
Choose clothing and accessories made from earth-friendly substances. E...

Dubien Thomas :
Bonjour à vous. J'aimerais bien vous rencontrer, et visiter l'un de v...

galtie :
bonjour,
Etant associé, je ne reçois depuis quelques années n...


viviane :
bonjour,

comme je suis à la recherche de trouver un p...


julien gardiol :
où peut on vous contacter, vous rencontrer ?
votre expérience ...


Meilland :
Salut c jarno, en tant qu'habitant du village je pense pouvoir vous do...

Galloo Bruno :
vous en revez, je vous attend avec impatience sur la ferme herisson et...

canale etienne :
Terres communes peuvent elles actuellemnt être rejoint par un éco-li...

Karine Halpern :
Merci de me tenir au courant de vos démarches, je suis intéressée p...

Françoise K :
bonsoir,
on a du se croiser au festival de permaculture en aout,...


RENAUD CHIVOT :
Etant actuellement à la Bergerie de Berdine, et ayant attendu parlé ...

Romain :
Merci beaucoup, grâce a votre site, je part demain matin faire un cha...

paper writing :
Soulignant l'impact de nos choix de vie sur la santé de notre planèt...

st :
excellent, j'ai adoré votre article...

gerard :
Un grand nombre de photos et documents sur les habitats alternatifs su...

Asma :
Bonjour
J'aurai volontiers participé a une telle expérience d...


bernadette benoist :
bonjour

je découvre avec plaisir le reportage télévis...


Cédric Blottiaux :
Salut Cécile!!!

Voici des infos sur un jeune couple bi...


Em' :
C'est un bien beau projet que je découvre... merci à tous ceux qui o...

mossu :
J'ai 52 ans, veuf, père d'une fille 18 ans. Je suis Jardinier Paysagi...

MAMIER Pierre :
Enthousiaste, euphorique...je ne vais pas chercher mes mots bien loin,...

alice poulin :
Bonjour et merci pour cette riche initiative !Je vais lire avec beauco...

Zamora Cécile :
je désire creer une ferme , élevage de chêvres, confection fromage,...

Vaucher Christine :
Merci pour tout, et merci au forum (j'ai oublié lequel) grâce à qui...

Boris :
Merci Etienne
Découvrir ces initiatives apportent du baume au ...


tashi :
très bonne idée. Quand on pense que la laine de nos moutons (je suis...

the thing :
Super article !

Pour info certaines photos sont tirées d...


anne :
bonjour

merci pour le voyage en vous lisant ou en déco...