En 2004, quatre personnes emplies d'un commun désir de créer un jour un lieu de vie dans l'esprit des « Oasis en tous lieux » inspirés par Pierre Rabhi, ont vu leur rêve devenir réalité. Sur un petit coin de paradis dans la Drôme provençale ils ont créé un « lieu expérimental où l'autonomie et la mise en pratique seraient un exemple ». Malheureusement, la gestion collective d'un projet n'étant pas qu'une chose facile, le facteur humain a fait des siennes, réduisant fortement le nombre d'associés dans le projet. Néanmoins, le site garde l'empreinte des gros travaux réalisés et offre encore un large potentiel de développement, les activités mises en place ont déjà séduit nombre de visiteurs, et de nombreux projets et idées attendent d'être concrétisés.
Point de départ : des personnes pleines d'idées et un lieu paradisiaque pour les réaliser
Quatre personnes réunies autour des mêmes idées......
A la base du projet on trouve 4 personnes qui s'étaient réunies autour de leur intérêt pour le discours et les idées de Pierre Rabhi. Notre séjour à Bellecombe nous a permis de rencontrer deux des initiateurs du projet.
Frank : Après dix huit ans d'exercice en tant que vigneron biologique dans le Nord de la Drôme, Frank décide de tout arrêter, saturé par la routine de ce travail mais aussi et surtout par l'importance grandissante des tâches administratives en viticulture. Cette rupture coïncide avec la période de campagne présidentielle de Pierre Rabhi, en 2002. Intrigué par ce personnage, qu'il avait déjà rencontré une fois pendant ces études agricoles dix ans plus tôt, Frank essaie d'en apprendre plus sur son discours et les idées qu'il défend. A trois reprises, il essaie de participer à une des conférences de Pierre, mais à chaque fois il est obligé de rebrousser chemin tant il y a de monde. Finalement il parvint à obtenir une place pour une conférence ayant lieu à Romans en Isère. C'est là où il rencontrera Michel Marchand qui habite alors cette ville.
Michel Marchand : dessinateur de lotissements pendant treize ans, ayant progressivement pris conscience de l'aberration et du « non sens » de son activité, il change radicalement de Cap. Il se met à suivre Pierre Rabhi dont il admire le parcours et le discours. Pendant de nombreuses années il travaille comme bénévole auprès de ce personnage et de son association : Terre et Humanisme. Progressivement naît l'envie de créer son propre projet. Il parviendra à réunir des personnes pour monter avec lui un Oasis en tous lieux.
Un coup de cœur...
Le 5 février 2004 les quatre personnes ainsi réunies visitent une propriété à la Motte Chalancon, dans la Drôme Provencale. C'est immédiatement le coup de cœur. Le lieu est accueillant et offre un potentiel extraordinaire : deux ruisseaux, une source, un lac, une rivière, une vue magnifique, une disposition sur le versant plein Sud assurant un bon ensoleillement, une maison de 100m2 habitables, 83 hectares sauvages épargnés par la pollution....
La magnifique vue
L'étang
Après diverses procédures, l'achat a finalement eu lieu le 17 Septembre 2004. Pour celui-ci une Société Civile Immobilière a été créé avec quatre associés.
Passage à l'action:
Plein d'idées, d'ambitions, de projets...
A travers leur projet, les 4 compagnons, et les quatre autres personnes les ayant rejoints, souhaitent proposer une solution à la crise majeure dans laquelle est en train de plonger le monde. Ils désirent illustrer un autre mode de vie que celui dominant.
Aussi ils définissent comme suit les principes de leur projet:
- S'unir dans un esprit collectif solidaire pour mieux résister; et non dans un système communautaire, insiste Michel selon qui cette forme de réunion ne respecte pas l'individu
- Créer des lieux expérimentaux où l'autonomie et la créativité, confisquées à l'être humain, retrouvent leur droit
- se réapproprier l'auto garantie des nécessites vitales: construire son habitat, se nourrir, se soigner, s'aimer...
- Réaliser leurs rêves et redonner un sens à leur vie avec un nouvel état d'esprit empreint d'humanisme de partage de solidarité de simplicité volontaire, de liberté...
Pour atteindre ces objectifs, dès le début de leur expérience, les projets sont nombreux: projet agricole, projet de logements innovants, écologiques, économiques et nomades, projet d'énergies renouvelables et de gestion de l'eau, projet d'accueil et de visites pédagogiques.... Et pour chacun de ces projets, les idées ne manquent pas.
Réalisation
Un gros travail d'aménagement :
Lorsque les quatre associés arrivent sur le site, le terrain de 83 ha est à l'état sauvage, et la maison d'habitation est limitée par sa taille et absolument pas conçue de façon écologique. Leurs deux premières années sur les lieux seront donc rythmées par de gros travaux d'aménagement : débroussaillage, réouverture et entretien des chemins, création de jardins nourriciers, restauration d'un ancien verger, construction de toilettes sèches, démarrage d'un compost, signature d'un contrat avec Electricité de Grenoble leur garantissant une électricité issue d'énergies renouvelables en attendant de créer un jour leur propre énergie, création de deux étangs pour retenir l'eau et réguler l'hygrométrie de la zone, installation d'habitats légers (yourtes, roulottes, tipi)...
Depuis, ces aménagements n'ont cessés d'être améliorés et complétés. Un système de phyto-épuration a été mis en place en 2007, des jardins supplémentaires on été crées, un petit tipi et une petite yourte ont rejoint le panel d'habitats légers déjà présents...
Campement d'habitats légers
Système de Phytoépuration
Toilettes sèches
Roulotte servant d'habitat à Frank (toute en bois lasurée avec des produits biologiques et isolée en fibre de bois)
Les activités sur le lieu
Sur l'écosite Bellecombe, les différents habitants gèrent leur propre activité, tout en s'entraidant bien sûre.Entre le début du projet et aujourd'hui 6 personnes parmi les 8 initiateurs ont petit à petit quitté les lieux, en raison de problèmes de communication, de divergence de vision, de nouvelles opportunités....
Aujourd'hui seules deux personnes vivent et sont actives sur le lieu : Frank et Michel dont nous vous avons fait la présentation plus haut.
Frank est le spécialiste du jardin. Il cultive, sur le terrain de l'Oasis, fruits et légumes en agriculture biologique, c'est en à dire sans avoir recours aux insecticides et aux herbicides chimiques, mais ceci sans être certifié AB (sans détenir le label de l'Agriculture Biologique). Il est selon lui aberrant que les paysans bio doivent faire des démarches administratives et payer des contrôles, alors que le principe « pollueur-payeur » n'est pas appliqué aux exploitants agricoles qui sèment des OGM et répandent des pesticides.
Pour les techniques de cultures employées, il s'appuie fortement sur le principe de la permaculture, en s'inspirant des expériences de Sepp Holzer et de Emilia Hazelip (Voir vidéo).
La majeure partie des légumes est cultivée sur buttes permanentes, préalablement désherbées grâce au Mulching et actuellement paillées en permanence. Sur chaque butte les cultures sont associées, en essayant de maximiser les interrelations bénéfiques. Des fleurs jouant un rôle bénéfique: attraction des insectes pollinisateurs mais aussi des prédateurs bénéfiques pour la culture des légumes sont aussi intégrées à la butte.
butte permanente avec au milieu des légumes des oeillets d'Inde (fleurs).
Une petite partie des légumes est cultivée sur des petits champs travaillés superficiellement, pour ne pas abîmer la structure du sol, avec un tracteur roulant à l'huile de friture.
Les buttes et petits champs sont enrichis avec le compost de l'écosite ainsi que du compost récupéré gratuitement chez un agriculteur bio du village.
Pour lutter contre les ravageurs, il utilise principalement les propriétés répulsives des plantes présentes sur le lieu (prèle, consoude...) Depuis quelques années il s'est aussi doté de canards coureurs indiens, très friand de limaces, qu'il laisse déambuler dans le jardin les jours humides.
La production des fruits et légumes du lieu est destinée à l'autoconsommation d'une part et à la vente directe d'autre part. Tous les Lundi et Samedi, Franck tient un stand sur le marché de la Motte Chalancon et de Rémuzat (8kms).
Frank et son tracteur qui roule à l'huile de friture
Compost de l'Oasis
Michel, quant à lui, est en charge de toute la partie accueil. Il propose, tout au long de l'année, un accueil paysan atypique : des visiteurs peuvent venir planter leurs tentes sur le camping à la ferme du site mais aussi expérimenter quelques nuits dans les habitats légers présents sur lieu (yourtes, tipis, roulottes...).
Outre l'hébergement, des visites sont organisées chaque Lundi après-midi ou sur réservation. Ainsi depuis la création de l'Oasis Michel a accueilli prés de 3500 visiteurs et plus de 40 classes vertes à qui il a fait découvrir un autre mode de vie. Depuis 2 ans, il organise également, en partenariat avec des spécialistes des journées de formation à la fabrication de four et séchoir solaire.
A travers l'accueil (visites ou hébergement), l'objectif de Michel est de présenter une alternative aux habitats inabordables et ainsi proposer une solution à la crise du logement. Mais de façon plus large il souhaite montrer aux visiteurs une choix de vie particulier : Vie proche de la nature,éco-construction, financement léger et mobilité...
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Gratin dans le four solaire fabriqué lors d'une formation à l'Oasis Bellecombe
Aujourd'hui Franck souhaite à son tour quitter le projet pour s'installer dans un autre lieu. Décidément le facteur humain.... Michel cherche donc un agriculteur maraicher désireux de le remplacer.
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