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La coopérative Européenne Longo Mai de Limans |
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Avec ses trente ans d'expérience, Longo maï est un exemple très intéressant de société alternative. Issu des mouvements internationaux de Mai 68 qui revendiquaient le droit à l'expression et à la recherche de modes de vie alternatifs, Longo maï est aujourd'hui, un réseau de coopératives d'élevage, d'agriculture, d'artisanat et de petite industrie implantées dans divers pays d'Europe, grâce auquel vivent 200 personnes. Ce réseau adopte pour principes fondamentaux : la forme coopérative, l'autosubsistance par l'agriculture et l'élevage, l'autogestion, l'économie régionale, la gestion commune de l'énergie et des besoins de base, l'organisation d'une production artisanale et industrielle collective adaptée à des niveaux de consommation locaux, le rejet du salariat...
Loin de fonctionner en « monde clos » Longo maï s'investis activement dans la défense de l'agriculture paysanne et dans la redynamisation des zones rurales, multiplient les actions de solidarités envers les minorités, communique et sensibilise la population aux enjeux actuels. La longévité du mouvement et le nombre élevé de coopérants lui donne de la crédibilité et un certain poids.
L'historique du mouvement
Un collectif issu de la révolte de mai 68 :
À l'origine du concept de la « coopérative Européenne Longo Maï » on trouve un homme : Rolland Perrot, et les groupes Spartakus de Vienne, et Hydra de Suisse.
Roland Perrot, dit "Rémi" ou "le grand-père", déserteur pendant la guerre d'Algérie, auteur du livre RAS dont Yves Boisset fera un film. Quand arrive la vague de mai 1968, Rémi anime un collectif d'éducateurs en région parisienne. Bien que n'étant adhérent à aucun des groupes actifs de l'époque, il se retrouve responsable du service d'ordre de la Sorbonne. Après la retombée du mouvement, Rémi se réfugie un moment avec quelques copains, en Provence, au pied de la montagne de la Lure. Il y rencontre Giono dont il connaît l'expérience ratée de Contadour, un projet de commune libre menée par le grand écrivain en 1935.
Poursuivi pour ses activités pendant les manifestations de mai 68, il se réfugie en Autriche où il sympathisera avec le groupe Spartakus.
Premières actions communes transfrontalières et naissance du concept de village pionnier européen
Les premières actions transfrontalières communes entre Hydra et Spartakus débutent. Un élément important apparaît dans ces actions que l'on retrouvera dans toutes ultérieurement : la création de contacts horizontaux entre personnes qui luttent contre les mêmes difficultés dans différents pays européens. Ils forment par exemple les « brigades internationales » de jeunes mettant en contact les ouvriers de la même entreprise dans différents pays et dénonçant les activités patronales.
Très vite, naît l'idée de la création de villages pionniers : lieu de rencontre permanent de jeunes de différents pays et de gens en lutte. « Ils voulaient leur Europe, celle des jeunes et des ouvriers. L'Europe qui naissait à l'époque était plutôt celle des multinationales et des lois policières allemandes » selon R.Hannes.
Du 18 au 20 Décembre 1972 se réunissent à Bâle des jeunes venus de 10 pays européens dans le but de créer des communautés européennes de jeunes. Pour cela, ils exigent que les gouvernements de chaque pays d'Europe leur mettent à disposition « quelques kilomètres carrés, chacun sur son territoire, dans une région économiquement morte et dépeuplée. » Ils décrivent ces communautés comme « zones expérimentales d'une Europe solidaire, pacifique et démocratique par une vie commune et l'autosubsistance issue du travail dans l'agriculture, l'artisanat et l'industrie (sur une base de coopérative), (...) des semences d'une Europe dans laquelle on n'échange pas que des marchandises mais des hommes et des idées, et qui relie les peuples entre eux. »
Au cours de ce congrès, les principes fondateurs des collectifs de jeunes sont énumérés: « Les collectifs Européens de jeunes prendront la forme de coopératives agricoles industrielles. L'autosubsistance agricole assurera une base minimale de survie. Des installations communautaires et une production artisanale industrielle en partant des besoins vitaux des personnes et des limites imposées par la nature seront organisées.
Les collectifs de travail constitués selon les compétences et les centres d'intérêts prendront chacun la responsabilité d'un secteur d'activité. La remise en cause de la division du travail permettra à chacun d'acquérir une formation de base en partant de la pratique, une vue générale sur la vie de la communauté, la planification et le contrôle de toutes les affaires la concernant. »
Des propositions concrètes sont élaborées relatives à l'agriculture aux installations communales et à la production artisanale et industrielle.
A la fin de ce congrès, les jeunes sont bien décidés à mettre en application les idées qu'ils viennent d'énoncer et se mettent immédiatement en quête de terrains pour démarrer.
Création du premier village pionnier :
Rémi renoue contact avec Pierre Pellegrin, l'ancien berger de Jean Giono. Avec l'aide de ce dernier le groupe de jeunes trouve un terrain de trois cents hectares en friche avec plusieurs ruines sur la petite commune de Limans.
Ils rachètent le tout pour 450 000 F grâce à la revente d'un immeuble qu'Hydra possédait à Bâle et à l'argent mis par chacun. Si cet acte n'est pas bien en accord avec leurs opinions anarchistes qui nient la propriété, il leur évite d'être chassés de leur terre comme c'est arrivé plus tard en Allemagne et en suisse.
Sur l'exemple de ce premier village européen, d'autres coopératives agricoles Longo maï se sont construites dans plusieurs pays d'Europe, parmi lesquels 6 sont encore aujourd'hui en pleine activité : Mas de Grenier (Bouche du Rhône, France), Cabrery (Vaucluse, France), Treynas (Ardèche, France), Le Montois (Suisse), Ulenkrug (Allemagne), Hof Stopar (Autriche.
Pour se démarquer des communautés souvent assimilées à des regroupements de « fumeurs de joints planeurs », mais aussi pour marquer leurs liens avec le mouvement ouvrier et ses coopératives ouvrières, les fondateurs des villages ont choisi l'appellation « Coopérative Européenne de Longo maï ». Longo maï signifie « longtemps encore » en occitan. .
Les principes fondateurs
La démarche des fondateurs était politique et basée sur deux axes: dénoncer les méfaits de la société moderne, comme ils l'avaient fait au sein de Hydra et de Spartakus, mais cette fois-ci en essayant de mettre en pratique leur conception d'une société idéale.
Quelques soit les domaines, la façon de procéder est souvent la même et obéit aux mêmes règles:
- Se détourner des « centres » pour les « périphéries » qui offrent plus d'espace pour de nouvelles initiatives: par exemple se centrer sur les campagnes et surtout les régions de montagnes, sur le secteur de la laine qui joue un rôle marginale sur le marché européen, ou encore sur l'engagement pour les minorités, thème délaissé par les politiques de l'époque.
- Faire le lien entre théorie et pratique. Des phrases comme « un millimètre de pratique vaut mieux qu'un kilomètre de théorie » ou « défricher plutôt que parler » deviennent les slogans populaires à Longo Maï pour s'opposer à celles et ceux qui souvent parlent beaucoup mais n'agissent pas du tout selon leur envols rhétoriques.
Si l'objectif de base était l'autonomie totale, celui-ci s'avère vite irréalisable et, au fond pas vraiment souhaitable en raison du repliement sur soi qu'il engendre.
L'idéal d'autarcie est donc abandonné en faveur d'une idée d'économie régionale : « dans un monde adorant le productivisme multinational seules les expériences de micro économie peuvent constituer une réponse valable. En fait c'est tout simple : on regarde autour de soi quelles sont les ressources locales d'une région, ce que les gens cultivaient et transformaient autrefois et avec quelles autres régions se pratiquaient l'échange complémentaire des produits. On ajoute une pincée de technologie moderne et adaptée ». Ce système de micro économie a été le modèle de développement des coopératives Longo Maï.
Et dans la pratique comment ca marche ?
La vie au sein de la coopérative
Le groupe des fondatrices et fondateurs, environ une trentaine au départ, majoritairement Allemands, dont environ la moitié vit encore à Longo maï s'est agrandi. Aujourd'hui Longo maï compte environ 200 membres et constitue un réel « Melting pot ». Des Français, des suisses, mais aussi des minorités : Anglais, Espagnols, Hollandais, Belges, Italiens....se sont joint au cours du temps à la coopérative.
De nombreux enfants sont nés à Longo maï et certains de ces enfants ont eux même des enfants ! Tous vont à l'école publique pour être en contact avec des enfants du village et de la région. C'est d'ailleurs en grosse partie grâce aux réclamations de Longo maï que l'école primaire de Limans a ré-ouvert ses portes en 1985. Les enfants de Longo maï constitue environs la moitié des effectifs.
En revanche, certaines personnes ont quitté Longo Maï après de longues années. Ces dernières l'ont fait pour des raisons très personnelles qu'il est difficile de généraliser. La plupart parlaient de manque d'autonomie individuelle, de besoin d'espace personnel plus important, de conflits insolubles avec certaines personnes, de relation amoureuse avec une personne extérieur....
Des habitations et installations adaptées :
Sur les trois cents hectares de la coopérative de Limans, les trois grandes bâtisses en ruines : Le pigeonnier, Hyppolite, et Grange Neuve, on été réhabilitées pour jouer le rôle d'habitats collectifs. Pour compléter les places ainsi disponibles, et pour jouir de plus d'intimité, certains membres de Longo maï ont conçus leur propre habitat. Des yourtes, des cabanes, des roulotes sont ainsi éparpillées sur le terrain.
De par sa position centrale, le bâtiment de Grange Neuve abrite également la cuisine collective (digne d'un vrai restaurant), une salle télévision, et la grande salle commune ou tous les « longos » se réunissent pour les repas mais aussi pour les réunions et les fêtes.
Un tour de la propriété permet également d'apprécier des installations performantes : un atelier de menuiserie équipé de diverses machines, des serres, des bergeries, un atelier de mécanique.....
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| Serre | Menuiserie |
Le "pigeonnier" |
Hyppolite | Salle commune |
Un fonctionnement autogestionnaire :
Rien n'étonne plus un militant politique communiste, socialiste ou gauchiste débarquant à Longo Maï que d'apprendre qu'il n'y a jamais d'élection, jamais de motions, jamais de textes soumis au vote des camarades. Ni président, ni secrétaire général, ni trésorier ni congrès. Rien de tout ce qui fait un parti conscient et organisé. Le principe est celui de la démocratie directe et permanente. Longo maï fonctionne au niveau humain pas au niveau formel.
Mais alors comment le village s'organise ?
Organisation de la vie quotidienne :
Différents domaines d'activités ont été définis. Au départ, enthousiasmés par toutes les activités, nouvelles pour beaucoup d'entre eux, les membres de Longo maï se sont essayés à tout. Mais, avec le temps, selon les caractères, compétences et envies, la responsabilité pour les différents « secteurs » a été répartie : des petits groupes s'occupent de l'agriculture, du jardin, des animaux, de la forêt, du bâtiment...
En ce qui concerne les tâches quotidiennes auxquelles participe tout le monde, telles que la cuisine, le ménage, les transports scolaires, et depuis 1981 la permanence de la Radio Zinzine, chacun(e) s'inscrit librement sur une liste.
Gestion de l'argent et prise de décision :
Le mouvement Longo Maï fonctionne avec une caisse commune à toutes les coopératives, alimentée par la vente des produits, les subventions et les dons. Cette caisse, ainsi que la comptabilité, sont tenues à tour de rôle par des petits groupes.
L'argent de cette caisse est réparti entre les différentes coopératives en fonction des priorités décidées collectivement lors des réunions « inter coopératives », au cours desquelles les représentants des différentes coopératives expliquent leurs plans.
Au sein même de chaque coopérative, les investissements concernant les différents secteurs d'activité sont décidés en commun lors de réunions interne, en fonction des besoins exprimés par les représentants des secteurs, l'argent disponible dans la caisse et les besoins du collectif (complément de nourriture, pétrole......)
Pour ce qui est des besoins personnels, aucun salaire n'est délivré mais les « longos » reçoivent, selon les besoins et les possibilités, de l'argent de poche. Aussi la scolarisation des enfants, les études des jeunes, les vacances ou bien les biens matériels nécessaires (chaussures, vêtements...) peuvent bien sûre être payés par le collectif.
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Pour ce qui est des décisions organisationnelles, elles sont prises au consensus lors des réunions hebdomadaires qui ont lieu le Dimanche soir dans la salle commune de Grange Neuve. |
Relations entre les coopératives :
Chaque coopérative étant plus ou moins spécialisée dans un ou plusieurs types de production, les coopératives pratiquent entre elles des échanges, notamment de produits alimentaires, de vin, de vêtements, de bois...On peut également observer de nombreux échanges de personnes. Tout permanent d'une des coopératives de Longo maï peut, quant il le désire, partir vivre pendant un certain temps dans une autre coopérative Longo maï, où il sera directement intégré et considéré comme les autres résidents des lieux (« Lorsque l'on est permanent d'une des coopératives, toutes les autres coopératives sont nos maisons »).
Mais les relations entre les différentes coopératives ne s'arrêtent pas aux échanges à proprement dit. Heike, membre de Longo maï écrit : « Les relations entre les coopératives se basent sur l'entraide, la solidarité, sur des amitiés. Souvent on rend service sans attendre de contrepartie : par exemple quatre Français donnent un coup de main pour construire un atelier mécanique à la ferme de « Stopar » »
Les moyens mis en place pour le fonctionnement des coopératives
Le financement au sein de Longo Maï :
Longo Maï en tant que réseau de coopératives de production a tout de même besoin de monnaie d'échange avec le monde extérieur même si dans les rapports internes l'argent ne joue pas ce rôle.
Après l'achat du terrain, il fallait trouver des moyens financiers pour développer le projet et réaliser les investissements nécessaires à la production.
Si l'objectif initial était l'autonomie totale, un long calcul a permis de conclure que pour satisfaire les besoins vitaux de 100 personnes par leur propre production, tout le monde devait travailler exclusivement à produire. Cette solution impliquait donc de restreindre l'action politique et militante (non rémunératrice) qui était un de leurs deux objectifs principaux.
Aussi Longo Maï invente un système de collecte de fonds original. Il se constitue un vaste réseau de sympathisants pour soutenir et financer ses activités. Hannes R. justifie ce choix : « Bien sûr on est dépendant quand on a besoin d'argent mais nous voulions choisir notre dépendance, une dépendance qui ne touche pas à ton identité et ta dignité. Nous voulons être dépendant de gens qui portent en quelques sortes notre utopie ». Si ce type de collecte de fonds est pratiquement réservé en France aux grandes associations médiatisées, en Suisse, c'est beaucoup plus dans la tradition des gens de soutenir de tels projets.
Aujourd'hui cette collecte permet de satisfaire 1/3 des besoins des différentes coopératives, les autres besoins étant couverts par l'autoconsommation (1/3) et par la vente de leur production (1/3).
Montage Juridique :
Le premier village européen Longo maï, Limans, est né sous la forme d'une « Société Coopérative Ouvrière de Production ». Ce statut semblait être le plus adapté aux idées d'organisation du mouvement coopératif. En effet, la SCOP est une société d'actionnaires qui peut, à tout moment, accueillir de nouveaux membres et agrandir son capital. Son organisation est démocratique. Chaque coopérateur possède une voix indépendamment du capital apporté. De plus l'organisation interne peut être régie par un règlement mais elle peut également être informelle.
Avec le temps, le statut de la SCOP est cependant devenu trop étroit pour le mode de fonctionnement réel. Il exigeait notamment de salarier les membres, ce qui était en contradiction avec le refus total du salariat par Longo maï. Aussi quelques années la SCOP laisse place à trois structures : un GFA (Groupement Foncier Agricole) pour l'exploitation agricole ; l'association Longo maï pour locataire des terrains qui s'occupe du bien être des coopératrices et coopérateurs, la SICA (Société d'Intérêt Collectif), structure de commercialisation.
Au début des années 1990 commence une nouvelle réflexion pour chercher un statut grâce auquel il serait possible de fixer la propriété collective des terres et des bâtiments. En effet, jusqu'alors, avec les différents statuts choisis, c'étaient toujours les individus qui étaient propriétaires et responsables, or Longo maï doit être protégé de la spéculation ou de disputes sur l'héritage et remplir toujours sa fonction originale : travailler en autogestion selon des critères sociaux et écologiques. L'objectif est finalement atteint en transférant les biens de Longo maï dans la fondation suisse « Fonds de Terre européen ». La fondation est désormais propriétaire des terres et des fermes. Les personnes vivant et travaillant dans les coopératives ont un droit d'usage indéterminé. Si un groupe renonce à l'exploitation d'une ferme, elle sera mise à disposition des successeurs...
Mais ces "fonds de terre" ont aussi un objectif plus général: il vise à lutter contre l'éxode des populations des régions de montagnes et à encourager le repeuplement et la réutilisation des ressources agricoles et autres ressources naturelles de ces régions. A ce titre, il peut aider des personnes ou des groupes à l'extérieur de Longo maï à acquérir des terres dans cette région.
Implication politique et militantisme
Solidarité entre les peuples :
Comme cela a déjà été exprimé, les « Lonos » n'ont jamais voulu s'isoler en produisant de façon alternative et en se refermant sur leur monde. Ils poursuivent les campagnes politiques entamées avant la création des villages, et multiplient les actions de solidarité par exemple celle portant sur l'accueil de 2 000 exilés chiliens, menacés par le putch de Pinochet, dans des communes suisses, des actions de solidarité avec les Indiens Guaranis au Paraguay, le soutien aux jeunes « muchachos » du Nicaragua en lutte contre le dictateur Somoza, la création d'une coopérative de réfugiés nicaraguayens au Costa Rica - toujours active aujourd'hui pour la défense de la petite paysannerie -, la création du Comité européen de défense des réfugiés et immigrés (CEDRI), du Forum civique européen (FCE) pour le soutien des processus de démocratisation des pays de l'Est, le soutien au Syndicat des ouvriers de la campagne (SOC) qui défend les travailleurs saisonniers sans papier et immigrés exploités dans le Sud de l'Andalousie (El Ejido entre autres), etc.
Défense de l'agriculture paysanne :
Le mouvement Longo maï défend avec passion l'agriculture paysanne. Il remet en cause le productivisme dans l'agriculture, les méthodes et moyens de productions employés néfastent à l'environnement. Il se bat contre la disparition des petits paysans et contre les manipulations génétiques.
Sa principale action politique dans ce domaine est la mise en pratique. Toutes les coopératives Longo maï pratiquent une activité agricole diversifiée, à échelle humaine et gèrent leurs produits de la production à la vente.
La majorité d'entre elles sont investies activement dans des associations régionales de paysans commercialisant leurs produits en commun. Ainsi la coopérative de Limans fait partie de « PaïsAlp » qui regroupe une trentaine de producteurs locaux répondant à différents critères : des produits de qualité, des méthodes respectueuses de l'environnement, la transformation à la ferme et la vente directe.
Enfin, l'action politique de Longo maï en ce qui concerne l'agriculture paysanne s'exprime par des actions ponctuelles de solidarité. A titre d'exemple, lors de la grande sécheresse qui s'abattue sur l'Europe en 1976, Longo maï organise, depuis la Provence, région relativement épargnée, une action de soutien aux paysans sinistrés des régions environnantes. Des dizaines de paysans voisins offrent des bottes de paille et aident à les acheminer.
Communication et médias
Longo maï s'attachent à communiquer un maximum, et sensibiliser les gens aux problèmes actuels de société. Pour cela les moyens employés sont une radio et des publications.
Radio Zinzine :
Moins d'un mois après l'ouverture des ondes aux radio libres par François Mitterrand (10mai 1981), Longo maï émet à partir d'une cabane de berger dominant la montagne Zinzine (sur le site de la coopérative de Limans). La « radio Zinzine » était née.
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| Station de radio sur la colline Zinzine |
Depuis, une maison construite en pierres récoltées dans les champs alentours, abrite le studio, une collection de disques vinyle et CDs et tous les éléments techniques nécessaires à la réalisation d'émissions.
La radio couvre les départements des Alpes de Hautes Provence et des Hautes Alpes, une partie du Var et du Vaucluse et la ville d'Aix en Provence. Elle fonctionne 24 h sur 24 h avec en alternance musique, informations et émissions spéciales abordant aussi bien des thèmes de l'histoire que la philosophie, la science, la société, la vie rurale et l'agriculture, les institutions européennes... sans un gramme de publicité. Les émissions sont confiées aux habitants de Longo maï mais aussi aux militants de la région, à des spécialistes de plusieurs pays ou à d'autres équipes rédactionnelles. On peut par exemple écouter chaque mois les « Dossiers Internationaux » réalisés en collaboration avec le Monde Diplomatique ou encore "La tribune de l'Ecologie" deux fois par semaine.
Les publications :
Longo maï publie trois journaux différents.
Les nouvelles de Longo maï : Ce journal mensuel traite en grande partie des projets et des évolutions des différentes coopératives. Il permet, en plus de s'informer entre coopératives, de communiquer avec leurs sympathisants ou toute autre personne souhaitant suivre leur actualité.
L'Archipel : Ce mensuel de huit pages rend compte des activités du Forum Social Européen et présente des analyses sur l'actualité politique. Il est rédigé aussi bien par des membres du FCE que des spécialistes sollicités sur des thèmes particuliers.
L'IRE des Chênaies : Il s'agit de la feuille d'informations hebdomadaire de la Radio Zinzine. Elle propose des articles approfondissant les thèmes mis en avant sur les ondes ainsi que nouvelles sur l'actualité de la radio.
est ce que tu sais si longo mai prend des bénévoles, ou si il est possible d'aller y faire un séjour moyennant travail ou argent afin de découvrir?J'ai cherché un peu sur internet mais j'ai rien trouvé...
Merci bien!Ton site est une super source d'infos
Preuve d'absence ne veut pas dire absence de preuve ! tel serai le crédo de longo mai pour leur site internet.
Tu y vas, tu trouves quelqu'un qui t'aiguille sur place pour dormir et manger tu te présentes à la réunion du dimanche ou du lundi (me souvient plus trop) et c'est parti si tu décides de t'investir ou non !!!
Bonne route à toi
Samuel
J'aurais une question, dis-moi, crois tu qu'ils accepteraient qu'on effectue un reportage sur eux si ce n'est que pour un travail purement scolaire ?
Je t'en remercie d'avance.






















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